Le lien entre la pollution au mercure et la perte de biodiversité a été reconnu pour la première fois dans le cadre de la Convention de Minamata sur le mercure, lors de la quatrième session de la Conférence des Parties (COP-4) en mars 2022, dans la décision 4/12 relative à la coopération et à la coordination internationales. Lors de la cinquième session de la Conférence des Parties (COP-5), les Parties ont adopté une autre décision, la décision MC-5/17, relative au mercure et au Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité. Par ces décisions, la COP a défini une feuille de route concrète pour assurer la synergie et la cohérence entre la Convention de Minamata, la Convention sur la diversité biologique et d’autres conventions liées à la biodiversité.
Les effets du mercure sur la biodiversité
Le mercure est un polluant extrêmement toxique qui s’accumule et s’amplifie tout au long de la chaîne alimentaire. Il affecte la physiologie et la survie des animaux de différents taxons et exerce une pression supplémentaire sur des espèces déjà menacées par d’autres facteurs. Les oiseaux et les espèces migratrices, telles que les mammifères marins, transportent le mercure sur de longues distances, jusqu’à l’Arctique où de nombreuses espèces sont déjà menacées par le changement climatique et d’autres facteurs de perte de biodiversité. Le mercure affecte également plusieurs fonctions et services écosystémiques, tels que l’approvisionnement alimentaire, la filtration de l’air, la purification de l’eau et les valeurs traditionnelles et culturelles, ainsi que les moyens de subsistance et la santé de centaines de millions de personnes.
Liens avec la biodiversité
Il existe de nombreuses possibilités de collaboration efficace entre les différentes conventions afin de concrétiser les ambitions du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité. Il pourrait s’agir, par exemple, d’une coopération avec la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) concernant la dégradation des sols causée par le mercure utilisé dans l’exploitation artisanale de l’or ; avec la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune et à la flore sauvages (CMS) concernant le mercure et les espèces migratrices ; ou encore avec la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) concernant les meilleures pratiques pour lutter contre le commerce illégal du mercure.
La mise en œuvre de la Convention de Minamata implique de contrôler, réduire et éliminer le mercure tout au long de son cycle de vie, et d’empêcher toute nouvelle augmentation de la quantité de mercure circulant dans l’environnement, ce qui continuerait à affecter la biodiversité pendant les décennies à venir.
Rencontrez l’experte
Si vous souhaitez obtenir de plus amples informations, n’hésitez pas à contacter Monika Stankiewicz, secrétaire exécutive du Secrétariat de la Convention de Minamata sur le mercure, à l’adresse monika.stankiewicz [at] un.org.